Alicia – 03

Après les cours, je cherche Isabelle du regard, mais je ne vois personne. Tous les mercredis, en fin de journée, la classe est en demi-groupe et elle n’est, bien sûr, pas dans le mien. Je la cherche, et elle n’est pas là. C’est ridicule, mais je me pose un tas de questions. C’est toujours comme ça. Je me dis qu’hier, elle s’est aperçue de quelque chose. Quoi, je n’en sais rien. Que ma culotte était trempée, sûrement pas. Comment pouvait-elle savoir ?

Une fois sortie du bahut, je me dirige vers le bois où je prends mon bus. Personne. Elle n’est pas là. D’ordinaire, elle m’attend et nous partons ensemble. Aujourd’hui, il y a juste deux ou trois types. Je les regarde à peine. Eux, par contre, me regarde. Je les trouve assez moches. Le genre boutonneux, frustrés, qui n’a jamais touché une fille. Des garçons, je n’en pas connus des masses. Deux ou trois, il y a deux ans, dont un qui me plaisait vraiment et dont j’étais très amoureuse, mais il est parti dans une autre région. Depuis, rien. J’attends. Pas vraiment un autre garçon. J’attends Isabelle. J’attends de pouvoir lui dire, ou lui faire comprendre, que je l’aime et que j’ai envie d’elle. Nous marchons, les garçons et moi pendant de longues minutes avant d’atteindre l’arrêt du bus. Il arrive au bout de cinq minutes et nous allons nous asseoir sur la banquette du fond. Comme j’ai croisé les jambes, les garçons matent mes cuisses. Les puceaux ont souvent un air bête quand ils regardent une fille. Cinq stations plus loin, je descends, car je dois changer de bus. Un des garçons descend avec moi. Sa figure ne me dit rien. Je crois bien que c’est la première fois que je le vois. Nous attendons pendant un bon moment, mais le bus n’arrive pas. C’est toujours comme ça. Il me demande si je le prends souvent. Evidemment, puisque je le prends tous les jours.

– Excuse-moi, mais je suis nouveau au lycée. Je viens d’arriver.

C’est donc ça que sa tête ne me disait rien. Il a l’air plutôt sympa. Un peu nunuche, mais sympa. Comme il est assez grand, il semble un peu empêtré avec son corps, comme s’il ne savait pas quoi en faire. Je me dis que c’est moi, sans doute, qui lui fait de l’effet. Il affiche un sourire totalement niais qui m’amuse beaucoup.

– J’ai envie de marcher jusqu’au prochain arrêt. Tu veux bien m’accompagner ?

Il me regarde, un peu surpris. Et ravi, sans doute.

– Si tu veux. Il est loin ?

– Deux cents mètres.

Nous descendons du bus. Il fait chaud, mais un petit vent parvient à nous rafraichir un peu. Nous marchons côte à côte. De temps en temps, il jette un coup d’œil dans ma direction. Ce n’est pas mon visage qu’il regarde, mais un peu plus bas. J’aime assez exciter ce petit puceau. Et pour tout dire, ça m’excite un peu aussi. Nous discutons de choses et d’autres. Il me parle de sa région d’origine, de l’endroit où il habite. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser à la scène d’hier. A ce type qui se masturbait devant cette fille. A son sperme qui couvrait ses seins. Et cette pensée, ou plutôt cette image, me fait envie, me donne des idées.

– J’ai envie de m’arrêter un peu. J’ai chaud, et je suis fatiguée.

Je m’enfonce dans le bois, vers une clairière. Ce n’est pas la même qu’hier. Il me suit sans rien dire.

– On est mieux ici, non ?

– Oui. Il fait plus frais.

Je m’assois sur l’herbe. Elle est fraiche et douce. Lui, reste debout, à quelques mètres de moi. J’ai toujours cette image dans la tête et j’ai une folle envie de me caresser. Ma culotte est trempée et mes seins sont durs. Je sens mes tétons qui pointent sous mon soutif. Clairement, j’ai envie d’exciter ce jeune puceau au sourire si niais.

– Tu as une copine ?

– Non.

– C’est vrai que tu n’es pas là depuis longtemps. Tu n’as pas encore eu l’occasion de t’en faire une. Mais, sinon, tu as déjà eu une copine ?

Là, c’est silence radio. Il ne moufte pas. Il ne dit rien, mais clairement la réponse est non. Il se contente de sourire, très gêné. Je souris à mon tour, histoire de l’encourager. J’ai très envie qu’il me fasse des confidences. Et envie, moi aussi, de lui en faire pour le mettre en confiance.

– Moi, je n’ai eu que deux ou trois copains.

– C’est tout ?

– Oui. Mais j’ai surtout une amie. Une amie très proche. Dont je suis un peu amoureuse.

– Ah tu…

– Oui. J’aime aussi les filles. Et j’aime surtout celle-là. Mais toi. Si tu n’as jamais eu de copine, il faudrait peut-être que tu t’y mettes. Tu ne crois pas ?

A suivre…

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